Le témoignage de Séverine

Séverine, très proche de Sophie

S’il est difficile de parler de soi, il peut être parfois tout autant difficile de parler de son âme sœur au féminin. La mienne, c ‘est Sophie. Cela fait bientôt 13 ans que l’on se connaît, une rencontre autour de notre gros bidon, on a partagé notre première grossesse ensemble , et la deuxième pas loin… et l’on s’est vite rapproché l’une de l’autre.
Il n’y a pas d ‘explication à cela, pour aimer quelqu’un, j’ai besoin de l’admirer, et à l’instar de tous ceux que j’aime, j’admire Sophie.
Pas une admiration béate et complètement niaise, mais j’admire la femme qu’elle est.

Quand elle a appris pour la SEP, et après une petite période de coup de mou et de lassitude de courir les neurologues et les hôpitaux, elle a, je trouve, trouvé en elle un courage que je n’aurais peut être pas eu à sa place.

Le courage d’affronter la maladie de face, de ne pas se mettre la tête dans le sable en attendant que ça passe,

Le courage de ne pas s’apitoyer sur son cas, mais au contraire le courage de vouloir toujours être celle qu’elle était « avant », qu’elle est toujours d’ailleurs, très forte, sur tous les fronts, mais tellement fragile au fond. Son plus gros défaut sans doute, celui de ne pas accepter de montrer qu’elle est fatiguée , que son corps parfois n’obéit plus, que sa patience est limitée par les fourmis qui parcourent ses jambes, ses bras. Refuser non pas l’aide, mais d’avoir besoin d’aide. C ‘est une force , mais parfois la coquille se fêle, et ça fait du bien,

Le courage d’avoir fait le tri autour d’elle, d’avoir éloigné sciemment ou pas les personnes qui pourraient lui être toxiques par leur comportement, leurs mots, leurs actes. Ce n’est pas chose aisée, on dit souvent que dans la maladie il faut être entourée, elle l’est , mais par les personnes qu’elle a CHOISI , et je crois que c’est une de ses forces aussi.

Ma meilleure amie, je l’aime aussi pour ce qu’elle génère autour d’elle.
Il n’est pas facile de soutenir son amie quand des centaines de kilomètres nous séparent. Pourtant, je crois que je suis dans les premières informées quand une crise va pointer le bout de son nez, ou quand des projets prennent vie. Quand elle m’a parlé de la création de SEP Y AIN , j’ai trouvé que ce canal était l’un des meilleurs pour communiquer et informer sur la SEP, pour peut être montrer aussi à Sophie qu’elle n’est pas la seule à se battre contre cette fichue maladie.
Lors de leur première soirée musicale et gourmande, nous avons pris notre voiture et, avec les enfants, nous sommes allés la soutenir, en famille, parce qu’au final,
c’est ça SEP Y AIN aussi, toute une famille qui veut aller de l’avant et démontrer que la maladie ne gagne pas toujours.

Je ne résumerai pas Sophie en une phrase, ce serait complètement bateau,et absolument pas conforme  à mon ressenti. J’ai souvent envie de prendre ses fourmis quand elle ne va pas bien, prendre sa douleur, juste pour la laisser respirer. Comme je ne peux pas, et bien dès que l’on se voit, on partage un McFlurry KitKat et un bon verre de vin, on se repose sur l’épaule de l’autre, et on pleure comme des madeleines quand vient l’heure de se dire au revoir.

Sa course, c ‘est le début d’une longue série je le souhaite, mais c est surtout l’aboutissement d ‘une volonté folle de se battre, je connais peu de personnes, même non malades, capable de faire un semi-marathon, comme ça par choix, moi, il faudrait me menacer pour que je cours…

Sophie est vraiment une belle personne, une maman, une femme, une travailleuse, et une sportive comme on en fait peu, et la maladie a révélé la puissance qu’elle génère, cette force qu’elle a en elle, pour tout cela et bien d’autres choses encore, j’ai les yeux mouillés à savoir qu’une telle femme puisse souffrir, la maladie touche n’importe qui, de manière aléatoire, et pourtant je ne l’ai jamais entendu dire  « pourquoi moi ? », elle l’a regardée en face, même en pleurant de douleurs avec les piqûres du mardi, mais elle a levé la tête et a regardé au loin, dans la direction des montagnes, et elle se bat. Je l’aime pour tout cela.

Séverine le mercredi 27 juin 2017